Connectez-vous
Menu

Génération Citoyens : tournons la page.


Rédigé le Mardi 12 Février 2019


Le contexte

Depuis 2014, nous sommes un certain nombre à avoir senti que le système politique était en train de s’affaiblir, certains partis classiques travaillant ardemment à leur effondrement (scandales, défection des adhérents, absence de recherche et de travail programmatique). En septembre 2014, j’ai été appelé à la présidence de « Nous Citoyens » par ses fondateurs, qui revendiquaient environ 12 000 membres. J’ai accepté parce qu’il me paraissait évident, que la France à son tour était en train de devenir un laboratoire désordonné d’une transformation politique profonde. Sous certains aspects, elle était comparable à 1954 qui avait vu naître un mouvement dit « poujadiste » (Pierre Poujade) dont le premier ciment fût la révolte des contribuables, notamment les petits commerçants des professions libérales, courbés sous le joug de la fiscalité, déjà. Deux difficultés m’apparurent: d’abord travailler en profondeur la réflexion, élaborer les propositions dans les différents secteurs de la vie publique. Ensuite, ne pas se laisser emporter par la puissance des égos. Et pour cela, j’ai souhaité dans ce mouvement que les délégués territoriaux soient élus par tous les militants. Quelques fondateurs du mouvement s’y opposèrent violemment et ce mouvement n’a pas échappé à l’émiettement dès lors que beaucoup de personnes cultivaient leur ambition d’un destin national, plutôt que de s’effacer derrière un projet politique. Un an plus tard ce fût la fracture et une grande partie des militants, dont moi, n’acceptant pas des batailles personnelles, quitta l’organisation pour aller fonder en juillet 2015 « Génération Citoyens ».

« Génération Citoyens » a creusé le sillon d’une transition politique qui semble aujourd’hui évidente, mais ne l’était pas à l’époque. Ces militants ont beaucoup travaillé sur le terrain comme sur les propositions, tandis que l’on voyait arriver, s’appuyant largement sur nos principes, l’équipe du candidat Macron. Nous nous sommes rapprochés de lui à la fin de l’automne 2016 pour deux raisons. Il était aussi européen que nous, et nous nous sentions proches de sa volonté de réformer le pays (moderniser les institutions, moderniser l’économie, moderniser le sociétal). En décembre 2016 puis de façon publique début janvier 2017, nous avons scellé un accord de travail et l’avons soutenu clairement dans sa campagne présidentielle. Militants et cadres de notre mouvement n’ont pas ménagé leur peine. Si personne n’obtint la moindre reconnaissance en retour, au moins eûmes nous la très grande satisfaction d’avoir contribué à écarter du pouvoir une candidate qui montra dans le débat sa totale incapacité à gouverner, sa haute méconnaissance des dossiers, et sa profonde agressivité comme doctrine. Macron est devenu Président et s’est installé dans le lit d’un système politique que la campagne présidentielle venait de détruire : la droite républicaine en capilotade, la gauche éparpillée en morceaux comme un bateau brisé. Et sur chaque rive de ce torrent qui grondait d’un flot nouveau, l’extrême droite et l’extrême gauche.


Les décisions

Pour sa part, « Génération Citoyens » a pris acte du paysage nouveau, et par une décision de son Assemblée Générale puis de son Assemblée Générale Extraordinaire du 22 juin 2018, a décidé de se transformer en Association pure et simple, régie par la loi de 1901, dans sa troisième résolution, votée à l’unanimité des présents. Le dépôt en préfecture a été effectué à l’automne 2018 et la publication au journal officiel devrait intervenir rapidement. Nous avons demandé à la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques, de bien vouloir prendre note de la transformation décidée par « Génération Citoyens », et donc de nous retirer l’agrément qui nous avait été accordé dès notre fondation pour créer à l’époque la réglementaire association de financement.

Le 21 janvier 2019, le Président de la Commission nous a fait connaître que celle-ci avait décidé de nous retirer cet agrément, sanctionnant ainsi la transformation de notre mouvement devenue une association classique.
 

Et maintenant l’avenir

Les mouvements citoyens ont su aligner des revendications, des mécontentements. Peu ont travaillé en profondeur pour élaborer des propositions permettant de gouverner le pays, dans une transition maitrisée. Qu’il s’agisse des Institutions et de leurs pratiques, de l’économique ou du social, du sociétal, de la question migratoire, de la sécurité ou de la justice, beaucoup de choses restent encore à faire. C’est d’abord l’affaire du Président de la République et de son gouvernement. S’il n’hésite pas à naviguer entre droite et gauche, capter la force des mouvements citoyens est une autre paire de manches. On le voit bien avec les gilets jaunes qui contiennent des revendications authentiques mais aussi un salmigondis clamant des contestations contradictoires, et peu enclin à proposer. La tâche est délicate, elle sera longue, et les périls sont importants.

On ne joue pas avec la politique, on n’en fait pas d’abord un objet de promotion personnelle, mais un sujet de transformation progressive afin que la France épouse enfin son XXIème siècle. Pour cela il faut réfléchir, travailler, proposer et c’est ce que
« Génération Citoyens » se fixe désormais comme cap, dans le cadre actuel d’un cercle de réflexion.
 
 
Jean-Marie Cavada, Député européen,
Président de Génération Citoyens






 







Nouveau commentaire :