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Un Etat sans sommet


Rédigé le Vendredi 2 Décembre 2016


En annonçant qu’il ne briguerait pas un deuxième mandat, dans une allocution qui ne manquait pas de lucidité, prononcée d’une voix blanche, François Hollande ouvre un chapitre inédit dans l’histoire de la Ve République. Sa couronne républicaine, symbole d’un pouvoir qu’il tient directement du peuple, est tombée à ses pieds. La période qui nous mène à l’échéance présidentielle du mois de mai 2017, est pleine de périls. Au mieux, le bientôt « ex » Chef de l’Etat expédiera les affaires courantes. Au pire, si de graves crises se déclenchaient, on ne voit pas de quelle autorité légitime François Hollande pourrait user pour guider notre navire dans la tempête.
 
Une nouvelle fois, un mensonge originel (« mon ennemi c’est la finance ! ») proféré durant la campagne dans le discours du Bourget, aura sapé la confiance. Fallait-il jouer à ce point les idéologues désuets pour gagner la Gauche de la Gauche alors que le pays glissait déjà à Droite, et que les paramètres économiques et sociaux méritaient une politique nouvelle. Lorsqu’on regarde son bilan, on est frappé par ces perpétuelles hésitations qui lui ont fait mélanger plutôt que de choisir, accommoder plutôt que de trancher. A peine élu, il veut inverser la courbe du chômage en un an. Pour qu’un espoir frémisse dans ce domaine de l’emploi il aura fallu triturer les statistiques, et attendre quatre ans, ce qui n’empêche pas un quinquennat gonflé de 600000 chômeurs supplémentaires. Finances publiques ? Le redressement tarde, même si des signes encourageants se manifestent pour les critères européens du déficit. Dynamisation de l’économie ? Une bonne idée au départ pour soulager les charges des entreprises, mais une mécanique compliquée (le CICE) et une politique brouillonne entre le patronat et les syndicats n’auront produit qu’un maigre effet. Ce mandat aura été celui d’une fiscalité écrasante pour les classes moyennes, et qui demeurent lourdes malgré des allégements pour les classes populaires. Ces jours-ci, on le voit : ces classes moyennes se vengent dans les urnes. Une autre grosse déception vient de sa diplomatie sans boussole, et d’une incroyable absence de volonté européenne. Pour un disciple de Jacques Delors, on aurait pu attendre mieux.
 
Une nouvelle fois, la mécanique des primaires, inventée par la Gauche, qui a si bien réussi à la Droite, vient de tordre le bras au Président de la République. Mais quelle idée dangereuse que d’obliger le Président sortant à repasser par des Primaires : il est à peine primus interpares. Et quelle histoire baroque dans ce quinquennat où les rivaux du Président qui l’empêchent de se présenter sont tous issus de ses Gouvernements : Macron, Duflot, Montebourg, Hamon. Sans oublier Manuel Valls qui n’est certainement pas pour rien dans ce renoncement si l’on en croit les bruits qui courent sur son déjeuner avec Hollande ce fameux lundi 28 novembre. Je me méfie des Primaires : en apparence elles semblent provoquer un élan militant dans les urnes. Mais en réalité, les parties tirent les ficelles, et quand la ficelle craque, le roi est nu.
 
La leçon de tout cela, c’est que la situation de la France réclame non pas des réformettes, non pas un saupoudrage de politiques à Gauche mâtinées de gestes à Droite. Le jacobinisme sur-administré et sa noblesse de robe qui tient toutes les manettes étouffent un pays qui ne demande que la liberté de produire, espère la solidarité pour répartir. Après la reconstruction de 1945, l’effondrement de 1958, voici la troisième étape dont le pays a besoin pour mettre en place des ruptures qui permettront à la France de respirer, de donner un avenir à sa jeunesse et de rentrer dans un monde moderne sur les ailes d’une vraie démocratie qui pour l’instant n’est pas aboutie. 



Jean-Marie CAVADA 
Député européen 
Président de Génération Citoyens









1.Posté par BAUGUIL le 03/12/2016 20:05
Un parti frère Nous Citoyens sans sommet également, désolant pour les adhérents, et une situation qui ne peut nous satisfaire tant elle donne une image négative des mouvements Citoyens dans leur ensemble. La devise le pouvoir par le peuple et pour le peuple et l'intérêt général au dessus de tout doivent guider l'action politique et citoyenne, et interdisent le non respect de ces deux principes au motif qu'il conduit (le non respect) à des situations de rupture mettant en péril l'existence même des mouvements Citoyens. J'appelle à une grande rigueur et de la vigilance de la part des dirigeants politiques afin que soient respectés ces principes voulus par les Citoyens.
JL BAUGUIL Citoyen de Carcassonne, engagé à Génération Citoyens.Languedoc-Roussillon (Occitanie)

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