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Notre projet

Avant que de décrire les principaux axes programmatiques qui concrétisent notre projet de transformation profonde de notre pays, regardons où nous en sommes.


PREAMBULE : LE CONTEXTE DES MOIS A VENIR

Depuis près de quatre décennies, la politique nationale a été conduite avec une indolence dont le prix est désormais affiché. La croissance est en berne, malgré quelques décisions d’équipes politiques plus courageuses que d’autres, mais dans des parenthèses volontaristes hélas rapidement refermées par les grands fauves qui voulaient d’abord se maintenir, quelle que soit la facture pour l’avenir. 
Pourtant, nous aussi, comme la plupart des économies de l’OCDE, avons bénéficié de cycles économiques provisoirement providentiels, à l’image de celui qui est en train de se terminer, additionnant  tout ou partie de trois paramètres  extraordinairement favorables au redressement.
D’abord, l’argent facile avec une politique monétaire européenne de lutte contre le risque de déflation, des taux d’intérêts très bas, parfois proches de zéro, ouvrant pour les dirigeants velléitaires, à contre-courant de ce qu’il eût fallu faire, la voie d’une fuite en avant. Ainsi les instituts économiques spécialisés ont souligné que la France avait emprunté rien qu’en 2016, plus de 185 milliards d’euros à un taux de 0,37%, fait unique dans l’économie contemporaine.
Autre aubaine inexploitée : la faiblesse réelle de notre monnaie, l’euro, face au dollar, de nature à stimuler les exportations des pays ayant su par des réformes, baisser les coûts de production de leurs produits manufacturés ou de leurs services. Enfin, l’affaissement durable du prix du pétrole, qui a transféré plus de 3% de la richesse mondiale des pays producteurs vers nous, les pays consommateurs, allégeant notre facture énergétique de manière spectaculaire. Tout cela, cette chance de relance de notre économie et donc de création d’emplois, c’est fini : les taux d’intérêts, et le prix du pétrole repartent sérieusement à la hausse, la politique monétaire mondiale se durcit.
 
Ce n’est pas être décliniste que de regarder cette photographie inquiétante de la France : non seulement nous n’avons pas adapté notre pays aux exigences d’une dure compétition mondiale, mais nous n’avons pas mis à profit les quatre années inespérées qui se referment sèchement.
Résultat implacable qu’il faut expliquer aux Français : nous avons décroché du peloton des pays compétitifs de la zone euro. Nous nous sommes résignés à vivre en deuxième division, à subir la sévérité de la bataille économique mondiale au lieu d’en tirer parti, afin d’assurer sur notre sol l’avenir des classes entreprenantes plutôt que les laisser tenter leur chance à l’étranger, privant notre peuple du fruit de leurs richesses inventives. Croissance moyenne : 1,7%, nous 0,5 en moins. Chômage en France : péniblement 10%(et 25% chez les jeunes !), soit 2,5 fois plus que l’Allemagne ou le Danemark, qui vivent pourtant sous l’autorité des mêmes règles européennes que nous. Nos déboires, ce n’est pas l’Europe : c’est nous. Déficit commercial de notre pays : négatif, à -2,2% contre une moyenne excédentaire de la zone à +2,4% (5% de différence). Désindustrialisation massive dans l’hexagone : affaissée chez nous a 10,8 % de notre PIB, contre 17% autour de nous : la différence nourrit nos chiffres du chômage. Nos dépenses pèsent plus de 57% de notre richesse, et dans quelques semaines notre endettement aura atteint l’équivalent d’une annelé entière de notre produit intérieur brut : bientôt 2.200 milliards d’euros. Que les démagogues qui se drapent dans la bannière de notre « souveraineté nationale » osent dire aux Français ce qu’il en reste avec ce niveau de dépendance des marchés financiers internationaux et spéculateurs aux aguets !

UN ENVIRONNEMENT INSTABLE

On l’aura compris, le Président sortant aura bénéficie sans en tirer profit, d’un temps économique et social miraculeusement clément, à part les remous qu’il a lui même provoqués. Le prochain n’aura pas cette baraka. Il lui faudra remonter la pente de longues années de démagogie, dans un climat très incertain, inquiétant sous plusieurs aspects.
Refaire notre retard sera plus difficile avec cet environnement économique et géopolitique plus durs. En Europe d’abord : qu’il s’agisse du Brexit britannique, des risques bancaires notamment en Italie et même en Allemagne, de la politique migratoire ou de la question des réfugiés, des élections en 2017 spécialement  en France et en République Fédérale. Dans le monde autour de nous ensuite : les européens seront-ils assez déterminés pour faire de l’imprévisible équipe Trump dont le programme fabriquera de l’inflation et du désordre mondial, une chance pour fortifier notre Union Européenne. Quelle conduite adopter ensemble face aux  visées de Poutine (avec qui il faut maintenant parler) qui voit lui aussi en l’Europe une puissance potentielle gênante. Les menaces d’insécurité et de terrorisme que font peser sur le monde le Proche ou le Moyen Orient réclament une réponse continentale unie, pour  laquelle la France devra être capable de prendre sa part, rien que pour nous protéger. Mais ces nouvelles donnes seraient plus aisées à gérer si l’ombre du protectionnisme et surtout des extrêmes n’assombrissait pas dangereusement l’Europe en général, la France en particulier.
Les remèdes pour relever le pays devront être exigeants, les hommes et femmes en responsabilité, courageux. Quelle tâche ! Sortir de la dette qui pourrit l’avenir des jeunes, s’extraire de l’affrontement hexagonal permanent issu d’une construction politique,  économique, sociale datant du début du 20° siècle, libérer de l’omniprésence d’une bonne administration mais pléthorique et si envahissante qu’elle a étouffé le génie créatif des métiers et a stérilisé l’Etat comme le lierre tue l’arbre. Souhaitons que ces transformations soient justes, équitables, proportionnées, et qu’elles introduisent ce qui nous manque tant : de la liberté, corollaire de la responsabilité. Car ce n’est pas de réformettes dont nous avons besoin, ni d’un jacobinisme administratif aussi arrogant qu’inefficace. Non : il nous faut de profonds changements, des « ruptures d’avenir » que le pays réclame, à l’instar de l’Allemagne en 2003, après les états du nord de l’Europe, ou le Canada, et l’Australie.

UN CYCLE HISTORIQUE

Nous n’abordons pas une élection classique, une simple échéance démocratique traditionnelle, avec son lot de mensonges, de satires au théâtre politique tenu par les grands guignols de l’info. C’est un nouveau cycle historique que nous devons avoir la force de mettre en place. Pour lui créer de bonnes conditions, il faut trois atouts. D’abord, une campagne électorale qui combatte implacablement, les rêveries et les insupportables démagogies  que le système des « primaires » fabrique en abondance, au profit du réalisme, programme contre programme, du courage et de la modernité des hommes et femmes en présence. Qu’ils nous donnent enfin le goût de l’effort, l’envie de l’espoir, notre part de l’orgueil d’un grand pays ! Ensuite, nous aurons besoin d’un accès de responsabilité des grands médias, qui ne pourront pas dans cette circonstance exceptionnellement grave, se dispenser de privilégier à des heures de grande écoute, le reportage et le débat pédagogique, au lieu de traiter ces questions comme une télé-réalité, où les petites phrases des uns annulent celles des autres. Tous les grands responsables dans les médias, savent bien que dans de tels moments, l’audience doit s’effacer si nécessaire, devant la responsabilité civique sans laquelle il n’y a pas de liberté d’informer, mais une simple posture masquant un corporatisme ordinaire. Que les chaînes publiques donnent l’exemple. Que les autres se sentent obligés de le suivre. Et du côté des chaînes d’information continue par exemple, il y a du boulot ! Enfin, dernière condition : les électeurs.
 
Le peuple est désabusé, las, en colère, comme l’a montré la primaire de la droite. Ce n’est pas gai, mais tellement prévisible. Des dirigeants qui ne dirigent pas, ou étouffent dans l’œuf ceux qui ont de la hauteur et de l’éthique (voir Barre et Rocard !), ne peuvent grandir l’estime du peuple envers ces hommes, envers ces fonctions, envers ce système. L’abstention, nous le savons bien, NOUS, ELECTEURS, ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE, est devenue le premier parti de France, devant les extrémistes, et seulement derrière, tous les autres. Autant dire le vide puis le danger. Si notre pays ne reculait pas devant l’avenir, s’il était conduit vers la modernité et l’harmonie sociale par des gens responsables devant l’Histoire puisque c’est cela qui est en cause, s’il n’apparaissait pas aveuglant que les partis sont des couveuses à ambitions personnelles et à combines écoeurantes dont nous avons le spectacle au grand jour depuis 25 ans (Urba-Graco, Cahuzac et quelques autres pour la gauche, Bigmalion et consorts pour la droite), privilèges et cumuls éclatants pour tous, bourgeoisie d’Etat campant dans les lieux de pouvoir, alors nous n’aurions pas notre place, nous la génération-citoyens.. Encore faut-il faire la preuve d’une compétence et d’une légitimité. Aider à conduire la France vers un meilleur destin, notre seule ambition, ne peut être l’affaire d’amateurs ou  de braillards d’idées de comptoir, ni de gens dispersés par l’égo. Exigeante modestie de militant, apprentissage des responsabilités  de la vie publique qui n’est certes pas une carrière, mais cependant un métier sérieux protégé de l’amateurisme, doivent désormais nous inspirer dans ce long parcours qui nous attend. Car après tant d’années d’indolence politique, le chemin sera long et difficile. Fanfarons de quartiers, petits profiteurs, va-de-l’égo, opportunistes : s’abstenir. Ne peuvent emprunter cette voie que ceux qui veulent faire des sacrifices pour porter par leur action, un morceau de cet orgueil de l’avenir.

NOTRE METHODE

C’est pourquoi, dans les jours qui viennent, je vous proposerai le fruit  de nos travaux issus de deux sphères de réflexion.
D’abord, celle dans laquelle nous avons théorisé ensemble depuis plusieurs années déjà, l’idée d’une troisième « rupture » pour redresser notre pays. La France contemporaine, a d’abord connue celle de 1945 qui a soldé la collaboration avec Vichy et fait sauter l’hexagone dans la modernisation de l’agriculture, de l’industrialisation, des grands travaux, de l’urbanisation, des villes modernes, de l’atome, des vastes chantiers architecturaux ou  électriques notamment, que les grands commis d’un Etat redevenu respecté, ont mis en place. La deuxième rupture fut celle de 1958 : le pays progressait, se reconstruisait, s’enrichissait. Mais son système politique fait d’instabilité du régime (des gouvernements de quelques mois) et de grands scandales, déjà, allait s’effondrer sous le poids de la guerre d’Algérie notamment. Aujourd’hui, l’heure de la troisième rupture est sans doute arrivée. La société est en bonne santé si l’on considère sa vitalité, particulièrement celle des jeunes. Mais, miné par son impuissance à résoudre nos crises, son incapacité à conduire nos réformes, son obstination à protéger des partis et des clans dont De Gaulle, Mendès, Barre, Rocard et quelques acteurs plus discrets se sont toujours méfiés, le système alourdit notre affaissement plutôt que d’y faire face. Un système politique qui ne protège plus, qui ne montre plus l’avenir en redonnant confiance, est condamné.
L’autre sphère de réflexion sur nos projets de transformation, c’est celle où plusieurs mouvements de citoyens ont travaillé en appelant à se rassembler progressivement autour d’un « socle programmatique » que vous recevrez également. Il a été conçu pour répondre à l’élan de « La Primaire des Français » (75.500 contacts) qui vient de se transformer, pour amplifier notre action, en « Collectif de la Société Civile ». Alors, notre rôle devient ardent devant la nouvelle urgence : conduire notre pays dans le 21° siècle réel,  construire un nouveau modèle social, modifier à partir de la base le fonctionnement des pouvoirs politiques et de la fluidité démocratique en décentralisant vers la base tout ce qui peut l’être. Devenir suffisamment forts pour aider l’Europe, notre horizon, à éviter les drames, du nationalisme dans une époque qui empeste les années trente. Ces idées sont les vôtres. Il faut les propager, et s’en emparer pour les échéances électorales à venir.
 
Jean-Marie CAVADA
Président de Génération Citoyens
Député Européen