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Marine Le Pen et les enfants d’immigrés


Rédigé le Jeudi 8 Décembre 2016


Madame Le Pen, quelle mère êtes-vous donc pour oser proférer sur la voie publique ce que je lis de vos déclarations. Si je comprends bien, les enfants d’immigrés qui ne travaillent pas ne pourraient pas avoir accès à l’école publique, au moins avant «un délai de carence». Ce qui veut dire clairement (à moins que vous ne pensiez aux riches enfants des princes du Golfe !) que des gens chassés de leur pays par la misère ou la guerre, qui espèrent que leurs enfants auront un meilleur sort qu’eux-mêmes, doivent croupir dans la rue et éventuellement tourner mal, plutôt que de devenir des enfants alphabétisés, apprenant le français, et qui sait, devenir un jour quelqu’un dans la société.

Plutôt que de faire le commerce de la stigmatisation, d’ouvrir une boite de pandore pleine de mauvais sentiments vis à vis des immigrés, ce serait mieux de poser la question : « Quelle politique d’immigration la France peut-elle accepter ? ». Les immigrés Madame ne sont pas partis de leur pays de bon coeur, pour le plaisir de contempler comme vous les magasins de noël sur les Champs Elysées. Si vous étiez née avant les années 40, et que votre père ait été Allemand ou natif d’Europe centrale, vous auriez peut-être été une enfant immigrée en France. Auriez-vous aimé trouver des dirigeants qui vous montrent du doigt et soutiennent sans vergogne, sans distinction de rien, ce que vous osez dire publiquement ? Vous avez vous-mêmes des enfants : si votre sort n’avait pas été confortable, si une guerre ou la famine vous avait chassée de votre pays, accepteriez-vous la moindre des déclarations que vous vous permettez pour l’avenir de vos propres enfants ?

​A vous lire, je n’ai que deux solutions. La première, c’est que rien ne vous arrête dans l’exécration électoralement cultivée des immigrés. Car vous êtes avocate et vous savez bien mieux que tout le monde que vos propos sont totalement illégaux, et heureusement inapplicables. Qu’il s’agisse de la loi française, qu’il s’agisse de l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ou de l’article 28 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, ou encore de l’article 2 du Protocole additionnel de la Convention Européenne des Droits d’Homme, ou de l’article L131-1 du Code de l’Education, pour ne citer que ces textes, rendent impossible une telle folie. Ces immigrés n’ont pas d’argent, leurs enfants auront donc une double peine : pas d’argent, pas d’école. Et vous vous prétendez républicaine.

L’autre alternative, puisque vous connaissez forcément la loi, me réduit à penser que dans votre bouche, tout est bon à exploiter, même la misère, même le sort des enfants. Venant d’une mère, c’est vraiment affreux.

Jean-Marie Cavada
Député européen
Président de Génération Citoyens






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