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La dignité plutôt que les polémiques


Rédigé le Jeudi 11 Août 2016


L’attentat du 14 juillet à Nice (85 morts) et celui du 25 juillet a Saint-Etienne du Rouvray (un prêtre égorgé, un fidèle de la messe en cours de célébration grièvement blessé), tous au nom du djihadisme, ont déclenché, au-delà de la sidération devant de tels actes de sauvagerie, un réflexe national remarquable. 
 

D’un côté, une population montrant le chemin : une union fraternelle exemplaire a Nice recueillie dans  sa compassion pour les victimes et leurs familles, exprimant un désir pour plus de sécurité, mais refusant malgré quelques excités de mêler islam et terrorisme.

Exemplaire aussi le recueillement près de Rouen où l’on vit cette image qui vaut tous les discours : les représentants et les fidèles de toutes  les confessions côte à côte dans l’église puis mains mêlées sur le parvis. Je ne trouverais pas de symbole plus ardent, plus vrai, pour illustrer dans ces malheurs, la défense de notre laïcité. 
La laïcité, c’est la religion des religions, y compris de ceux qui n’en ont pas. A travers ce dogme républicain, l’Etat garantit à tous les citoyens le libre exercice de leurs croyances, hors de toute menace, pression, persécution ou guerre de religion comme ce fut le cas sur la terre de France à plusieurs reprises dans notre Histoire (Saint-Barthélemy en 1572, révocation de l’Edit de Nantes en 1685, pour n’en citer que deux funestement célèbres). Mais voici que des fanatiques, dévoyant l’Islam, tuent sur notre sol des concitoyens au motif qu’ils sont catholiques, juifs et musulmans, et plus simplement « infidèles », maculant d’un sang innocent la paix civile garantie par les pouvoirs publics.

Quelles décisions drastiques faut-il prendre pour assécher les filières d’imams radicaux et surveiller les radicalisés ?
Tout a été dit sur la nécessité de donner aux services de renseignement l’organisation et les moyens urgemment nécessaires pour prévenir au maximum crimes et attentats. En revanche, la question du financement des mosquées et l’habilitation des imams sur le territoire français ne fait que commencer. Le gouvernement a avancé l’idée d’une fondation pour légaliser le système, et d’une  taxe sur la viande halal pour le financer. S’il apparaît normal que les mosquées soient  d’abord financées par leurs fidèles, il semble que la viande halal soit déjà taxée, et que sa consommation dans beaucoup de lieux ne soit pas que le fait des musulmans. Cette denrée est utilisée dans des commerces grand public qui n’ont aucun lien avec cette pratique. Par ailleurs, les « certificateurs » habilitant abattoirs et abatteurs semblent parfois appartenir à des circuits nébuleux aux pratiques mal identifiées.

Il faut éclaircir ces questions.
S’agissant des imams, la grille classique des serviteurs du culte que connaissent les prêtres catholiques, les pasteurs protestants, les rabbins juifs, n’est pas pertinente : eux sont le fruits d’études théologiques, d’un cursus, et d’une habilitation finale sous trois formes différentes selon la religion. En revanche, n’importe qui peut se proclamer imam, prêcher la paix ou la guerre.

Il est enfin un autre point à régler : le degré d’engagement des Français musulmans dans la défense de leur République. L’imam de Bordeaux, autorité éminente, analyse ce comportement  jusqu’à présent timide et appelle ses coreligionnaires à manifester plus solidement, plus ostensiblement  leur attachement aux institutions de notre pays commun.
C’est un point essentiel que l’impressionnant élan fraternel exprimé avec ardeur et dignité, sans ambiguité à Saint-Etienne du Rouvray devrait libérer. Il appartient maintenant aux organisations du culte musulman de franchir une nouvelle fois le pas, solennellement et aussi souvent que nécessaire.
Et cette fois, tout le monde devra leur tendre la main.
 
Jean-Marie CAVADA
Président de Génération Citoyens
Député européen








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