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La République, les partis, et Nous


Rédigé le Vendredi 4 Novembre 2016


Lorsque la gauche française a inventé « les Primaires » à l’imitation des débats télévisés américains de la première campagne Obama, j’ai d’abord été intéressé. N’allions-nous pas voir émerger un souffle nouveau dans notre « démocratie », et peut-être voir le terrible matelas d’abstentionnistes français reprendre le chemin des urnes?
 
Las, on voit ! Deux débats télévisés montrent d’abord que les « formats » télé ont pris le pas sur tout. Bien sûr, les amateurs de catch ont eu du plaisir dans l’émission du 3 novembre, menée par des journalistes pugnaces. Mais le comble de l’écoeurement fut pour moi la question : « Vos projets pour l’éducation nationale ? Vous avez….une minute ».
 
Ce que j’ai vu de ces deux débats de la droite? Ils servent le spectacle télévisé, pas la compréhension des causes du déclin français, et encore moins les solutions aux problèmes qu’il faut éclairer avant les votes finaux aux primaires, et à la présidentielle du printemps prochain. Ceci m’afflige et me remplit de craintes.
 
Plus un pays va mal, plus son système doit être débattu pour enrichir la pédagogie des élections. Mais ce déballage de rancoeurs entre plusieurs candidats, ce syndicat de la haine, furent vraiment lamentables, venant de gens qui n’ont cessé de travailler dans le même gouvernement, sous le même Président : un peu de tenue !
 
Mais surtout, j’y vois le danger d’un glissement de la pratique institutionnelle. De Gaulle a voulu restaurer l’autorité du Chef de l’Etat grâce à un lien direct, par le biais de son élection au suffrage universel, entre le candidat et le peuple : sans aucun intermédiaire. Le « Général » avait voulu réduire le rôle néfaste des partis politiques qui avait effrondré la quatrième République. Il se méfiait, à juste titre, de leurs scandales, de leurs combinaisons : il peut aujourd’hui se retourner dans sa tombe car les partis ont confisqué ce lien direct en organisant désormais un filtre. Vous choisirez entre ceux que ces appareils proposent. Point final à droite, point final à gauche. « Laissez-nous nous arranger, on vous rappellera plus tard » devrait être le slogan. Le suffrage universel est filtré, la prochaine fois, l’élection deviendra censitaire, comme au bon vieux temps des chrysanthèmes.
 
Esbaudissez-vous devant le match télévisé, buvez votre bière en vous tapant sur le ventre : les partis qui ont contribué à mener le pays là où il est, s’occupent du reste.
 
Jean-Marie Cavada
Député européen
Président de Génération Citoyens
 









1.Posté par Jean-Pierre Lallemand le 05/11/2016 20:05
Les primaires sont anti-démocratiques et nous avons vu ce que cela a donné en 2012: l'élection par défaut du plus mauvais président de la 5eme République. L'élection de Juppé en 2017 sera sur le même modèle et je crains le pire pour notre pays.

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