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Espagne : la promesse des Mouvements Citoyens


Rédigé le Lundi 21 Décembre 2015


CC/[Flickr->http://www.flickr.com/photos/jobopol)
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Mercredi 13 janvier 2016, le nouveau Parlement espagnol issu des élections de ce dimanche aura une drôle de tête! Sur les 350 Députés qu’il compte, un quart n’a jamais fait de politique. Ils sont professeurs à Sciences Po, psychologues, ouvriers, cadres d’entreprise et même un chômeur. Ils font partie de cette vague nouvelle que deux partis citoyens viennent de faire rentrer significativement à la chambre des Députés.
 

Le chômage massif depuis 2009 (21% en moyenne, mais plus du double chez les 16-24 ans), et les scandales de corruption à répétition, ont fait table rase du système bi-partisan qui gouverne l’Espagne depuis la constitution de 1978. L’un de ces Mouvement qui fait figure de vainqueur de l’élection même s’il n’est qu’en 3e position avec 20% des voix s’appelle Podemos (« Nous pouvons »). Nous connaissons son leader Pablo Iglesias, Député européen jusqu’à il y a quelques semaines, aussi ardent orateur que sa queue de cheval est tourbillonnante. Petite leçon à qui veut bien m’entendre : il a démissionné du Parlement européen au début de la campagne, sans grand risque à la lecture des sondages prévisionnels mais lui au moins il l’a fait. Beaucoup chez nous aurait pu s’inspirer de cette attitude avant les Régionales! L’autre parti qui rafle 14% des voix, 40 sièges de Députés, est un Mouvement de Citoyens qui couvre un spectre allant du centre gauche au centre droit. Ces deux formations ont infligé aux deux partis classiques (Conservateur, Socialiste) leur plus évidente défaite depuis l’entrée de l’Espagne en démocratie. En poussant les Partis classiques sur le bord de la route politique, ils signent le ras-le-bol de la crise économique et sociale et le ras-le-bol des scandales à tous les étages.

Ces « nouveaux » Députés se qualifient de « gens normaux ». L’un d’eux a dit qu’ils étaient des professionnels s’occupant désormais de politique, à la place des politiques professionnels. Ce Mouvement ouvre la voie à quelque chose de nouveau. On entendra parler dans les débats espagnols d’interdiction de cumul, de limitation de mandat dans la durée, de règles nouvelles de transparence, et de nettoyage d’un certain nombre d’injustices. Cuidadanos a déjà dit qu’il ne rentrerait pas au Gouvernement, tout au plus soutiendra t-il certains projets. Podemos a posé ses conditions notamment sociales. L’Espagne aura du mal à former un Gouvernement certes, mais on entend déjà beaucoup parler d’une réforme constitutionnelle qui permettrait à cette vague nouvelle de « gens normaux » d’assurer stabilité, sécurité, justice sociale.
Ils avaient promis dans leur campagne électorale de faire monter une nouvelle classe politique. Ils parlaient d’espoir. Reste maintenant à concrétiser ce qu’ils appellent une nouvelle « page historique ».

En France, un électeur sur deux en moyenne, ne se déplace pas. Ouvriers, cadres, fonctionnaires, patrons de PME, étudiants, et pourquoi pas des chômeurs : il est temps de prendre en main la renaissance du pays, d’oser les ruptures, car comme le disent les deux slogans des deux partis citoyens espagnols : « Citoyens », « nous pouvons! « 


Jean-Marie Cavada
Député européen
Président de Génération Citoyens








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